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Nation
Le professeur Altara est aujourd’hui encore l'une des scientifiques les plus brillantes de la nation futuriste d’Atolcost, voire de l’intégralité de Fabula… Mais aussi l'une des plus étranges. Célèbre pour ses connaissances inégalées dans le domaine de la robotique, de l'Intelligence Artificielle et de la cybernétique, Vanessa Altara s’est dotée d’une façon de penser unique et bien à elle qui la distingue des autres savants et ingénieurs d'Atolcost. Laissant une place prépodérante à la folie et à la désorganisation dans ses travaux, cette dernière cherche toujours à repousser les limites de la technologie et à explorer de nouvelles idées, même si cela signifie aller à l'encontre des normes ou des attentes de la société.
Grandissant dans une petite ville d'Atolcost, Vanessa sut montrer, dès son plus jeune âge, un vif intérêt pour les machines et la technologie. Elle était, pour ainsi dire, toujours en train de bricoler des gadgets et des automates ; de les démonter, puis de les remonter. Son objectif premier étant d’essayer de les faire parler, de leur donner vie. Elle croyait, en effet, fermement dans l’idée que les objets inanimés conçus par l’Homme pouvaient eux aussi être dotés d’émotions. À ses yeux, ils conservaient toujours en eux une part de l’âme de leur créateur n’attendant qu’à être libérée. Fortement inspirée par ses parents - qui étaient eux-mêmes des robots scientifiques - elle fut ainsi encouragée par ces derniers à poursuivre sa passion pour l’innovation et la technologie.
Admise au sein de la prestigieuse Station Delta d’Atolcost, ses études ne furent cependant pas couronnées de succès. Incapable de s’adapter aux méthodes rigoureuses et conventionnelles de ses pairs, la jeune savante aux cheveux violets ne parvenait tout simplement pas à se détacher de sa façon innée, naturelle et inexplicable de travailler. Difficultés qui entrainèrent de mauvais résultats scolaires ainsi qu’une stigmatisation récurrente de la part de ses instructeurs. Malgré son génie inné, le comportement inhabituel d'Altara la laissait souvent isolée de ses pairs, renforçant encore davantage son autisme. Son débit de parole impressionnant et son hyperactivité, mêlés au fait qu’elle semblait en permanence perdue dans ses pensées, ne contribuèrent pas à la faire passer pour plus saine d’esprit qu’elle ne l’était aux yeux d’autrui. Autant dire qu’elle n’avait pas beaucoup d’amis. Cela dit, elle se consolait comme elle pouvait en n’accordant que peu d’estime à la socialisation avec des gens inintéressants. Ce qui la poussa à préférer passer son temps seule, à travailler sur ses recherches originales. Du moins, c’est ce dont elle essayait de se persuader.
D’un naturel optimiste et plein d’énergie, elle espérait malgré tout pouvoir un jour prouver que sortir des sentiers battus permettait aussi de faire des découvertes inimaginables. Cependant, elle ne pouvait compter sur aucun assistant, ni aucune aide extérieure pour mener à bien ses expériences. Mais, qu’à cela ne tienne ; puisqu’elle ne manquait pas de cheveux ! En effet, du fait de sa Morale, la tignasse violette d'Altara représentait un élément clé de son processus d'innovation. Chaque épi était unique et semblait doté de sa propre conscience, qu'elle utilisait pour l'aider dans ses recherches scientifiques. Elle pouvait ainsi communiquer avec toutes les mèches de ses cheveux, et elles répondaient à ses commandes. Vanessa les utilisait d’ailleurs souvent pour exprimer ses émotions ; et bien plus que n’importe lequel de ses membres pour entreprendre la moindre action. Dans son laboratoire, on pouvait d’ailleurs souvent l’apercevoir en pleine conversation avec elle-même. Pour le commun des mortels, cela pouvait sembler particulièrement étrange ; mais pour Altara, ce n'était qu'un outil de plus dans son arsenal d'innovation scientifique.
Pour ainsi dire, elle espérait pouvoir un jour se présenter au prestigieux Concours GAIA Junior, afin de pouvoir enfin mettre en lumière son travail et ses trouvailles. Seulement, elle ne s’autorisait à y participer que si elle se voyait en capacité de présenter au jury une création révolutionnaire. Un projet qui serait à même de faire définitivement évoluer les mentalités et le champ des possibles. Elle travailla ainsi d’arrache-pied sur une invention sensée cumuler chacune des étapes de sa vie et chacun des sujets auxquels elle tenait. Passant des journées entières dans son laboratoire, négligeant sa propre santé et son bien-être, Altara était trop absorbée dans ses créations pour voir le temps passer. Concevoir, construire, démolir, recommencer, ajouter des canons lasers : voilà ce qui la rendait vraiment heureuse. Elle y consacra tant d’années que lorsque le prototype fut enfin achevé, elle n’était plus en âge de participer dans la catégorie Junior. Désormais, il lui fallait se confronter à la cour des grands.
Le Concours GAIA représente encore aujourd’hui aux yeux de toute la communauté savante d’Automaton et de Printania : la plus grande et prestigieuse compétition d'innovations scientifiques et technologiques de tout Fabula. Le concours réunit les esprits les plus brillants des différents continents pour présenter leurs dernières inventions et idées. Le champion du moment étant alors le brillant professeur James Volts aux multiples victoires consécutives. Impressionnée aussi bien par l’envergure des lieux que par les prouesses révolutionnaires de ses confrères, Altara restait confiante dans la qualité de sa création. Personne jusqu’alors n’avait osé proposer un projet aussi audacieux et inédit que le sien. Loin de la pousser à se désister, les pressions et le mépris dont certains de ses concurrents firent preuve à son égard ne contribuèrent qu’à la renforcer dans sa volonté de faire ses preuves et de rendre ses parents fiers d’elle.
Considérée comme l’outsider de la compétition, Altara s’était toujours illustrée comme une scientifique en avance sur son temps ; repoussant les limites de ce qui était possible dans le domaine de la robotique et de l'Intelligence Artificielle. Mais, quand vint son tour, c'est une invention des plus rocambolesques – même pour elle - qui fut présentée. Un prototype d’androïde doté de conscience et éprouvant des sentiments. Mais surtout : partageant une partie de la Morale de sa créatrice. Elle avait, en effet, développé un moyen de transférer une petite partie de sa propre conscience et existence dans le robot. Cela offrait à cet androïde à l’allure féminine la capacité de s’exprimer, d'apprendre et de penser par lui-même ; mais aussi de partager certaines des propres expériences et émotions d'Altara. Vanessa s’assurait ainsi que sa création ne puisse jamais être piratée, sabotée ou détournée de ses fonctions premières. Exploit inimaginable qui en faisait le système d'Intelligence Artificielle le plus avancé au monde. À tel point qu’il se classait dans une toute nouvelle catégorie à la frontière de la machine et de l’humain. Et cerise sur le gâteau : son exosquelette pouvait être équipé de n’importe quelle arme technologique - principalement des canons lasers - et renforcé par n’importe quelle amélioration.
Le jury du prestigieux concours GAIA – composé notamment du Major Alec Boldwin et de l’éminent professeur Albert Pistor – en resta sans voix. Ne sachant d’abord pas quoi en penser, du fait qu’ils n'avaient jamais rien vu de tel auparavant, ces derniers durent prendre une soirée entière pour délibérer. Le lendemain, à l’annonce des résultats, sa création fut saluée comme une percée dans le domaine de l'Intelligence Artificielle et de l’insufflation génétique, avec le potentiel de changer le monde tout en le préservant des dangers qui le menacent. À la suite de quoi, elle fut officiellement sacrée grande gagnante du Concours GAIA et considérée comme l’un des esprits les plus brillants de l’histoire d’Atolcost, détrônant ainsi le professeur Volts.
Vanessa put alors aussitôt profiter d’une attention toute particulière portée par la Station Delta et le Major Boldwin lui-même. Ce dernier avait massivement contribué à promouvoir la victoire d’Alatara et voyait en son invention la première étape vers une nouvelle ère de l'Intelligence Artificielle. Une ère où les machines pourraient non seulement apprendre et penser par elles-mêmes, mais aussi sympathiser avec les humains à un niveau plus profond, sans risque d’être retournées contre eux. Si jamais la scientifique exubérante acceptait de rejoindre ses effectifs pour finaliser la réalisation de son projet, elle pourrait bénéficier de tous les moyens financiers, matériels et humains qu’Atolcost pouvait lui offrir pour mener à bien ses expériences. Autant dire que son hésitation fut brève.
Si ses travaux marquèrent un nouvel âge de progrès collectif concernant les Intelligences Artificielles Atolcostiennes, il n’en demeure pas moins qu’Altara n’a de cesse de creuser l’écart avec le reste de ses homologues. À tel point qu’elle prend aujourd’hui l’habitude d’humaniser n’importe laquelle de ses créations. En outre, l’une de ses dernières inventions, le Niv-O-Tron – petit outil très pratique permettant d’en apprendre plus sur autrui en une simple consultation – compte par exemple sur une extension miniature d’elle-même, sobrement nommée Min.IA.Ltara, pour tenir ses utilisateurs informés du bon fonctionnement de l’appareil. Il faut bien avouer que si Vanessa est une virtuose de la technologie, cela ne fait pas d’elle une bonne pédagogue… Et encore moins une bonne rédactrice de notices, de manuels et de modes d’emploi ; préférant aux mots clairs et précis des symboles qu’elle seule sait déchiffrer. Ce qui ne l’empêcha cependant pas d’intégrer le jury des Concours GAIA Junior les années suivantes.
Devant actuellement assurer la bonne tenue de plusieurs projets phares Atolcostiens en même temps, Alatara n’en oublie pas l’essentiel de son travail. Or, la finalisation de son projet demande du temps, de l’énergie et des tests. Ce qui n’est pas sans prendre un temps considérable. Carburant aux boissons gazeuses, aux barres énergétiques, aux bonbons acidulés et à la mini-nourriture, le professeur Altara demeure une scientifique excentrique et haute en couleur se complaisant dans sa bizarrerie tout en considérant que la folie et l’imperfection font le génie des Hommes. Ne ratant jamais la moindre occasion de se proposer pour remplacer les parties humaines d’autrui par des améliorations toujours plus loufoques, son offre généreuse se voit pourtant souvent déclinée.
Restée fidèle à elle-même et à ses principes, l’ingénieuse savante aux cheveux violets demeure une énigme pour beaucoup. Semblant à première vue s’opposer en tout point au stéréotype de l’intellectuel Atolcostien – tant sur le plan physique que comportemental - son génie très particulier n’est pourtant remis en cause par personne. Dévouée corps et âme au progrès scientifique et à l’innovation, son amour indéfectible pour ses créations la pousse malgré tout à retarder le lancement du projet G.A.I.A ; redoutant les dérives qui pourraient en découler si jamais elle venait à manquer de garde-fous.