Johny "Outlaw Joe" Walker

« Sacré McDwell ! Toujours le mot pour rire ! You stupid son of a b*tch ! »

- Johny "Outlaw Joe" Walker

À quoi bon faire preuve de subtilité quand on a le plus gros canon ? Telle est la question rhétorique favorite du plus grand hors-la-loi de Westphalian : « Outlaw Joe ». Et autant dire que jusqu’à présent, personne n’a encore réussi à lui fournir une réponse satisfaisante.

Johnny Walker est né dans la petite ville de Remington, située à Westhpalian non loin du grand désert de sable qui se poursuit jusqu’à la frontière Fortianne. Descendant d’une famille de l’Ancien Monde originaire des États-Unis d’Amérique, ce dernier hérita de l’accent et grandit dans un environnement difficile, entouré de bandits et de hors-la-loi. Prenant leur exemple, il dut rapidement apprendre à se débrouiller seul et à se forger une réputation de dur à cuire. Fasciné depuis toujours par les armes lourdes – et en particulier les fusils – Johnny ne faisait pas dans la dentelle. Pour être respecté, il fallait être le plus fort. Et pour être le plus fort, il fallait que les autres le reconnaissent. Or, est-il meilleur moyen pour y parvenir qu’en se montrant le plus bourru du lot ? À ses yeux, en tout cas : certainement pas.

La carrière criminelle de Joe débuta par de simples cambriolages de banques et de diligences. Rien de bien révolutionnaire, mais réalisé avec assez de panache et d’explosifs pour contribuer à se faire un nom sur Westhpalian. En effet, les compétences naturelles de leadership du fumeur de cigares mêlées à sa capacité à planifier et à exécuter des assauts audacieux lui valurent bien vite le respect de ses compagnons criminels. Respect qui ne s’avéra pas réciproque puisqu’aucun d’entre eux ne se montra jamais à la hauteur de ses attentes. Ce que Johnny voulait, c’était être accompagné de véritables bandits sans foi ni loi et qui n’auraient pas froid aux yeux. Pas de poules mouillées qui lui laisseraient faire tout le sale travail sans trop se mettre en danger. Aussi, il eut pour ambition de fonder son propre gang où seuls les plus téméraires et les plus débrouillards seraient acceptés. Ils s’appelleraient alors : les Désersperados. Un jeu de mot qu’il trouvait particulièrement bien trouvé mêlant « désert » et « desperados ». Cela dit, il eut beau chercher : personne ne semblait correspondre au profil qu’il recherchait.

Faisant cavalier seul pendant plusieurs années, Johnny commença lentement mais surement à se faire un nom dans la région. Adepte de braquages en tout genre, son coup d’éclat le plus retentissant fut sans l’ombre d’un doute l’attaque d’un convoi Atolcosto-CloakValien destiné à renforcer l’équipement des Tuniques Bleues Westphaliennes suite à la fin de la Seconde Tempus Belli. Profitant de sa Morale et de ses compétences magiques pour contrôler le sable environnant, il put ainsi dévaliser la cargaison et récupérer son arme fétiche. Un fusil conçu sur Automaton qu’il modifiera lui-même avec différentes pièces récupérées lors de l’attaque, de façon à augmenter sa puissance de feu et son potentiel de destruction. Or, cette effraction ne passa pas inaperçue. Ses prouesses furent telles que les différents hommes de lois du pays entier commencèrent à poser des primes de plus en plus élevées sur sa tête ; lui attribuant dès lors le surnom de "Outlaw Joe".

Seulement, un convoi entier rempli d’équipements et une nouvelle arme de prédilection – aussi puissante soit-elle – ne lui suffisaient pas pour former un gang. Il lui fallait encore trouver des acolytes dignes de ce nom. Ou au moins un acolyte digne de ce nom et tout un tas de petits porte-flingues qui feraient de la figuration. N’étant toujours pas parvenu à trouver la perle rare, Johnny prit l’habitude de partir se changer les idées auprès du saloon le plus proche. À défaut de l’aider à trouver ses Désersperados, il pourrait au moins trouver du bon alcool. Et pourtant, contre toute attente, c’est bel et bien là qu’il fera la rencontre du tout premier membre de son gang.

Ce dernier était un cow-boy du même âge que lui, plein d’astuces et de dextérité. Il se risqua même à le provoquer dans une partie de blackjack aussitôt après l’avoir entendu commander son verre. N’ayant jusqu’alors jamais refusé le moindre défi par orgueil et par fierté, Outlaw Joe le rejoignit autour de la table de jeu. La mise était importante et le bandit n’avait encore jamais perdu à ce jeu. Pourtant, il enchaîna les défaites cuisantes les unes après les autres, sans même chercher à comprendre pourquoi. Il avait beau essayer et réessayer, il ne parvenait tout simplement pas à battre son adversaire. Ce dernier ne semblait d’ailleurs même pas tricher. Alors il continua, encore et encore. Il ne pouvait se laisser sur une défaite et était prêt à s’endetter s’il le fallait, mais il aurait le dernier mot. De toute façon, si ce Clint Wayne essayait de quitter la table avant qu’il ne remporte au moins une partie : il le descendrait immédiatement et reprendrait tout ce qui lui appartenait. Leurs duels s’éternisant, les deux hommes commandèrent à boire toute l’après-midi et continuèrent jusqu’à tard dans la nuit. Sympathisant de plus en plus après chaque nouveau verre, Joe finit par ne plus avoir assez d’argent sur lui pour continuer à boire. Chose à quoi son adversaire remédia immédiatement en payant une tournée générale – avec l’argent qu’il lui avait chipé - en son honneur. Au rythme des choses, tous deux finirent si alcoolisés qu’ils commencèrent à se raconter leur vie, leurs ambitions et leurs projets pour l’avenir.

Pour la première fois de sa vie, Joe eut véritablement l’impression d’avoir un ami. Et sa joie n’en fut que plus immense lorsqu’il parvint finalement à remporter UNE partie contre Wayne. Joe fut si extatique après sa victoire qu’il en oublia tout l’argent et toutes les possessions qu’il avait perdu contre son bien heureux rival. Tous deux satisfaits de pouvoir enfin quitter la table, ils ne purent malgré tout se résoudre à reprendre leur chemin seuls. Ce joueur de cartes n'était peut-être pas un pistolero sans peur, mais il semblait doté de beaucoup d’atouts qui pouvaient s’avérer particulièrement utiles pour ses prochains braquages. Aussi, il prit son courage à deux mains et lui demanda s’il voulait être la première personne à rejoindre les Désersperados. À son plus grand plaisir, « Winning Wayne » accepta.

À partir de ce moment, Joe et Wayne devinrent inséparables. Ils s’associèrent pour réaliser une série de braquages et de vols audacieux, s'appuyant sur la force de Joe et la ruse de Wayne pour déjouer leurs adversaires. Ils développèrent un lien profond, construit sur un respect mutuel – teinté de provocations récurrentes - et un amour partagé de la vie de hors-la-loi. Cela dit, ils ne se contentèrent pas longtemps de rester cantonnés à deux. Il leur fallait des hommes pour développer leur réseau. Heureusement, Joe savait qu’il lui suffisait de rendre une petite visite de courtoisie aux anciens adversaires de son duo pour s’assurer de leur loyauté. De cette façon, ils purent recruter de fil en aiguille tout un tas de porte-flingues et de coupe-jarrets plus ou moins compétents. Mais la finalité restait la même, puisqu’ils se retrouvèrent enfin avec un groupe digne de ce nom. Ainsi, Outlaw Joe et Winning Wayne devinrent l'un des duos les plus redoutables de la société du Far West. Le simple nom des Désersperados inspirant crainte et terreur aussi bien auprès des bandits rivaux qu’aux hommes de loi. Pendant des années, Joe et Wayne terrorisèrent l'Ouest d’Hivrian, leurs exploits devenant pour certains légendaires, laissant une traînée de banques et de diligences dévalisées dans leur sillage ensablé. Mais à mesure qu'ils gagnaient en notoriété, ils attiraient également l'attention de marshals et de chasseurs de primes. Des récompenses furent placées sur leurs têtes et des shérifs de tout l'Ouest eurent pour objectif de capturer le duo.

Malgré le danger, Joe et Wayne continuèrent à prospérer, déjouant leurs poursuivants à chaque tournant. Il semblait que rien ne pouvait les arrêter. Devenant de plus en plus ambitieux, ces derniers rêvaient tous deux de devenir si influents qu’ils finiraient par prendre la place du Shérif des shérifs. Ainsi, ils deviendraient les rois de Westphalian. Ils s’en prirent donc directement aux différents représentants de l’ordre jusqu'au jour fatidique où ils furent pris au piège. Les deux hors-la-loi et leurs hommes de main se retrouvèrent entourés par le Shérif des Shérifs lui-même, accompagné du groupe d’hommes de loi les plus qualifiés de Westphalian, mieux connus sous le titre honorifique des « 7 Marshals de l’Ouest ». Le bain de sang semblait alors inévitable pour les deux camps. En effet, les marshals n’étaient pas seulement sept mais les Désersperados ne comptaient pas se laisser prendre si facilement.

Songeant dans un premier temps à tirer une salve si puissante sur les justiciers lui faisant face qu’elle les forcerait à se replier ou à se rendre, au risque d’y perdre quelques plumes ; le fumeur de cigare fut stoppé net dans son élan par son partenaire. En effet, le joueur de carte fit une proposition au Shérif des shérifs afin de régler la situation sans en passer par le massacre. Bien que particulièrement peu enjoué à l’idée de placer son sort et celui de son gang entre les mains de son ami, le fumeur de cigare au lourd fusil finit par comprendre - après un intense moment de réflexion – qu’il s’agissait-là d’une stratégie. En effet, si le cow-boy lanceur de cartes parvenait à l’emporter contre le Shérif des shérifs, ce dernier prendrait sa place et nommerait aussitôt le boss des Désersperados à ses côtés. Alors, Outlaw Joe pourrait se considérer comme un Sur-Shérif des shérifs et faire régner sa propre loi sur tout le territoire de l’Ouest.

Or, il n’en fut rien.

Après la victoire prévisible de Wayne et la passation de chapeau et d’étoile, le nouveau Shérif des Shérifs donna l’ordre aux marshals d’appréhender certains des Déserspérados préférés d’Outlaw Joe. Les clins d’œil appuyés que ce dernier lui adressait à répétition ne firent que renforcer sa colère. Son meilleur ami venait de le trahir. Lui qu’il considérait presque comme son égal venait de lui voler cruellement son titre. En guise de réponse, il lui lança un ultimatum. Le bandit aux cigares exigeait que son ancien ami lui remette son chapeau et son étoile en compensation du coup bas qu’il venait de lui asséner. À cela, il n’eut droit qu’à un refus catégorique. Blessé dans son égo et dans son orgueil, Outlaw Joe s’est depuis interdit de porter n’importe quel autre couvre-chef que celui qui lui revient de droit. Tentant à de multiples reprises de remplacer Wayne par d’autres alliés, le hors-la-loi Westphalien ne parvint jusqu’alors jamais à retrouver quelqu’un avec qui il partageait pareille alchimie. L’irlandais qu’il considérait comme son numéro deux préféré lui faussera également compagnie des années plus, tandis que son confrère criminel et amateur de cigares Axel McDwell s’avèrera trop égocentrique, intéressé et prétentieux à son goût.

Plaçant aujourd’hui ses derniers espoirs dans la petite peste du nom de « Calamity Jen » qui a osé s’en prendre à lui fut un temps, Outlaw Joe s’est établi dans le grand désert de Westphalian où seuls les plus fous et les plus aventureux osent pénétrer. Employant un « moyen mnémotechnique » des plus originaux pour se souvenir de la loyauté des uns et des autres – en leur laissant une trace de cigare brûlant sur le front – le Boss des boss demeure encore aujourd’hui le criminel le plus recherché de tout l’Ouest d’Hivrian. Charismatique et sans peur - bien que grossier et pas spécialement malin – ce dernier ne laissera plus jamais qui que ce soit lui manquer de respect. Celui-là même qu’il se refuse d’accorder aux autres.

Après tout, il est la mort en mouvement. Il est le désert. Et il obtiendra ce maudit chapeau !

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