Général Alester Boldwin

« La majorité prime toujours sur la minorité. Surtout quand cette dernière n’est composée que d’une… Ou deux personnes. »

- Général Alester Boldwin

Patriarche de l’une des familles les plus puissantes de Fabula, le Général Boldwin est un homme d'une fierté inébranlable, d'une discipline extrême et doté d’un profond amour pour sa nation. Né dans la capitale d'Atolcost, Optimum ; Alester Boldwin fut élevé dans une famille d'élites militaires. Son père et son grand-père étaient tous deux généraux dans l'armée Atolcostienne. Ce ne fut donc pas une surprise quand Alester lui-même choisit de suivre leurs traces.

Dès son plus jeune âge, Alester fit preuve d'une aptitude naturelle pour les arts militaires. Il était un commandant à l’esprit vif, pourvu de talents innés pour la stratégie et la tactique. Une détermination farouche et une éthique de travail implacable l’accompagnaient en toute circonstance et le poussaient à améliorer constamment ses compétences de chef et de soldat. Alester rejoignit l'armée d'Atolcost à l'âge de 18 ans et se distingua rapidement du reste des officiers. Il était reconnu pour ses tactiques peu orthodoxes et sa capacité à sortir des sentiers battus, même dans les situations les plus difficiles. Mais il était principalement respecté – voire craint par certains - pour son extrême discipline, exigeant le même niveau d'engagement, de dévouement et de talent de la part de ses troupes.

Avec le temps, les relations entre Atolcost et la nation médiévale de Gévaudan s’empirèrent. Redoutant que la magie incontrôlable d’Hivrian puisse un jour prendre le dessus sur la technologie d’Automaton, la nation du futur n’eut de cesse de renforcer son armée et ses moyens de protection. Or, ce surarmement ne fit qu’amplifier la méfiance des Gévaudiens qui craignaient d’être attaqués prochainement. Engendrant un cercle vicieux attisant les craintes des uns comme des autres, la situation en vint finalement à atteindre un point de non-retour. En effet, l’état-major Atolcostien ne tarda pas à être informé par un étrange correspondant Gévaudien proche de la Couronne du plan d’attaque que cette dernière s’apprêtait à lancer contre le pays futuriste. Compte tenu des prouesses dont il avait pu faire preuve par le passé, Alester fut ainsi choisi pour diriger l'armée d'Atolcost lors de ce conflit ; un poste qu'il accepta avec beaucoup de fierté et de détermination.

Alester était convaincu que la victoire dans la guerre nécessitait des mesures extrêmes. Il était déterminé à écraser l'armée de Gévaudan et à faire d'Atolcost la plus grande puissance militaire de tout Fabula. Acceptant malgré tout l’aide de Célestia, ainsi que celle de certaines personnalités étrangères telles que le professeur Albert Pistor ; le général ne laisserait cependant personne lui dicter la marche à suivre. Pour atteindre son objectif, il élabora un plan audacieux visant à utiliser la technologie de pointe d'Atolcost pour vaincre l'armée médiévale de Gévaudan en la frappant dans ses fondations. Il déploya ainsi une flotte de drones, de vaisseaux et de soldats robotiques chargés d’attaquer les positions ennemies, perturbant leurs formations à l’aide de bombardements incessants. Ces derniers furent tels qu’ils ravagèrent des contrées entières du Royaume de l’Hiver, rasant champs et villages.

Certaines armes bactériologiques furent également usées, empoisonnant l’eau des puits et des rivières. Les civils ne tardèrent pas à être les principales victimes des frappes Atolcostiennes ; ce qui ne manqua pas de déplaire aux forces Célestiaises et à l’opinion internationale.

Malgré tout, l’efficacité des moyens employés demeurait indiscutable. Les pertes alliées étaient nombreuses du fait de leur incapacité à comprendre et contrer la magie d’Hivrian. Celle-là même qui parvenait à retourner leurs propres armes contre eux. De plus, le sous-nombre évident de la coalition Atolcosto-Célestiaise restait des plus problématique. Boldwin estimait donc qu’il était nécessaire de continuer à infliger de lourdes pertes aux troupes ennemies. Quand bien même des dégâts collatéraux étaient à déplorer. Mobilisant un réseau très élaboré de satellites pour surveiller les mouvements ennemis et recueillir des renseignements sur leurs plans, le Général semblait toujours avoir plusieurs coups d’avance sur les stratèges ennemis. Cependant, ses tactiques ne se limitaient pas au simple emploi de la technologie. En effet, il déploya également des opérations de guerre psychologique, utilisant la propagande et l'intimidation pour briser le moral de l'armée Gévaudienne.

La guerre fut longue et brutale. Les deux camps subirent de lourdes pertes. Mais, en définitif, les stratégies extrêmes du Général Boldwin portèrent leurs fruits. L'armée de Gévaudan finit par déposer les armes peu de temps après l’annonce du décès du Roi Fauve. Atolcost fut alors aussitôt considérée comme l’unique superpuissance de Fabula. Seulement, Alester refusait de laisser une chance à l’ennemi de se relever de sa défaite. Il insista donc pour équiper la famille royale des Cœur-de-Lion d’améliorations prosthétiques, en dépit de la non-approbation de Célestia. Ces dernières permettant d’un point de vue pratique de surveiller leurs prochains agissements, et d’un point de vue symbolique d’imposer la suprématie de la technologie sur les adeptes de la magie.

La victoire d'Alester dans la guerre permit de cimenter sa place de héros dans l'histoire d'Atolcost. Il fut ainsi promu au grade de Général en Chef, le poste militaire et politique le plus élevé de la stratocratie du futur. Cela dit, ses méthodes extrêmes contribuèrent à faire de lui un personnage très controversé. Et ce, tant à l’international qu’au sein même de son propre pays. Certains le critiquaient pour ses tactiques impitoyables et son mépris pour la vie humaine. D’autres voyaient en lui un autocrate aux relents totalitaires privilégiant le nationalisme au patriotisme. Pourtant, malgré les polémiques, le Général restait droit dans ses bottes. Il croyait fermement que l’extrémisme de ses tactiques et de sa politique d’excellence étaient nécessaires pour protéger Atolcost et assurer l’essor du progrès technologique. Tout cela découlait d’une volonté inextinguible de prendre les mesures nécessaires afin de défendre la nation du futur et le modèle idéal de société qu’elle représentait ; en marquant ainsi à jamais l’histoire de Fabula. Continuant de servir son pays avec distinction, Boldwin dirigea son pays d’une main de fer pendant près de trente années consécutives. Feignant une entente cordiale avec Gévaudan depuis le couronnement du bon et docile roi Gilford Cœur-de-Lion ; il fut néanmoins aussi abasourdi que les autres lorsqu’il apprit que ce dernier venait brusquement d’envahir l’intégralité du continent d’Hivrian. Aussitôt après cette annonce, le Général Atolcostien fut le premier à déclarer une nouvelle fois la guerre au royaume de l’Hiver. Reprenant la tête des opérations, il ne put cependant pas se rendre à nouveau là-bas en personne, du fait des obligations de sa position sur Atolcost l’empêchant d’abandonner son territoire. Guidant ainsi l’avancée des troupes à distance, il put néanmoins compter sur la présence de son fils, major de l’armée, pour faire prévaloir le nom des Boldwin sur place. Fidèle à ses anciennes méthodes, le Généal Atolcostien espérait une victoire rapide en usant des dernières innovations de sa nation. Or, ce fut tout l’inverse qui se produisit.

Malgré la coalition mêlant près de six pays au lieu de deux, les troupes alliées ne parvenaient pas à venir à bout des forces Gévaudiennes. Pire, leurs cartes maîtresses ne tardèrent pas à être retournées contre eux avec pertes et fracas. Bien vite dépassé par les évènements, le Général Boldwin ne put qu’accepter le fait qu’en trente ans les choses avaient bien trop changées pour mener une guerre comme auparavant. Continuant malgré tout de transmettre ses ordres aux troupes coalisées de Printania et d’Automanton, Alester refusait encore et toujours d’accorder un quelconque crédit aux insurgés de Fort-Brillant. Il ne pouvait faire confiance aux manieurs de magie. Encore moins lorsque ces derniers ne représentaient qu’une petite poignée de soldats et de civils pris au piège et assiégés. Pour ainsi dire, il ne leur donnait pas plus de quelques jours avant de se rendre. Raison pour laquelle, il fit passer l’ordre secret à ses vaisseaux de raser leur forteresse. Il préférait que chacune des personnes bloquées à l’intérieur meurt plutôt que d’offrir un tel bastion à l’armée adverse.

Pourtant, ces derniers tinrent non seulement bon, mais parvinrent également à détruire lesdits vaisseaux, gageant qu’il s’agissait là d’une manœuvre ennemie. À cela s’ajouta la débâcle sur le front Atolcostien, sauvé de justesse par les exploits du major Boldwin. Ce dernier insista d’ailleurs auprès de son père pour qu’il l’autorise à venir en aide aux insurgés Fortians ; persuadé qu’avec leur aide, ils renverseraient le cours de la guerre. Fermement opposé à l’idée, le Général n’accepterait que si son fils s’en montrait digne. Force est de constater que ce fut le cas, ce dernier étant bel et bien parvenu à réchapper à sa mission suicide, ouvrant une brèche inespérée dans le flanc ennemi. Ce n’est qu’alors que le vieux Général sut qu’il venait d’être dépassé par la chair de sa chair. Après la victoire finale sur Gévaudan, l’officialisation du Royaume de Fort-Brillant et la création de l’Alliance de Protection de Fabula, le nom d’Alester Boldwin commença lentement mais sûrement à abandonner les mémoires. Seul celui du major Alec Boldwin se retrouvait alors dans toutes les bouches. À tel point que lorsque ce dernier rentra sur Atolcost, le Général en Chef le fit nommer nouveau dirigeant de la stratocratie du futur, abandonnant ainsi ses fonctions.

L'héritage d'Alester Boldwin reste aujourd’hui complexe et controversé. Personne ne doute du fait que ses tactiques extrêmes et sa détermination implacable ont joué un rôle crucial dans le façonnement de l'avenir d'Atolcost et dans la sécurisation de sa place en tant que force dominante sur Fabula. Mais pour combien de temps encore se souviendra-t-on de lui ? Et de son héritage ? Son fils l’a depuis longtemps surclassé. Là où il demeure certain que son petit-fils est et restera à jamais un incapable. Sentant sa fin lentement arriver, le vieux général à la retraite craint que son nom, ses accomplissements et sa légende ne se retrouvent perdus dans les méandres de l’histoire à l’instant même où il quittera ce monde. Pourtant, il ne lui suffirait que d’un dernier exploit pour pouvoir partir en paix, en s’assurant qu’on se souvienne de lui à jamais. Un exploit qui pourrait directement faire suite à cette étrange vague de chaleur et qui mêlerait trois générations de Boldwin. Dusse-t-il s’acoquiner aux pires alliés de circonstance imaginables : il contribuera à cet exploit. En bien ou en mal, Fabula se souviendra de lui !

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