Les personnages liés
Nation
Certains naissent sans se douter qu’une incroyable destinée les attend. D’autres grandissent en se voyant déjà en héros ou bien en sauveurs de l’humanité. Mais, pour la jeune rebâtisseuse en devenir Rosie Redfield, le simple fait d’être une bonne personne qui fait de bonnes actions au quotidien a toujours amplement suffit à ses yeux.
Née de l’union de deux anciens rebâtisseurs de renom, Bruton Redfield et Joy Hoodwhite, la jeune fille aux yeux d’argent rêve depuis toujours de suivre l’exemple de ses parents ainsi que de son oncle Kron, en rejoignant à son tour officiellement cette organisation de héros Célestiais du quotidien. Véritable petite boule d’énergie débordant continuellement d’optimisme et de bonne humeur, son quotidien fut néanmoins chamboulé par la disparition soudaine de sa mère, suite à l’une de ses missions. De cet évènement découla la démission de Bruton qui jamais ne révéla à sa fille les véritables circonstances de son décès.
Ayant en réalité assez peu connu sa mère, Rosie ne versa pas longuement dans le sentimentalisme et préféra partir réconforter son père plutôt que de s’attarder sur son propre chagrin. La jeune fille, préférant toujours voir le verre à moitié plein en toute circonstance, se répétait et se répète encore que peut-être un jour elle la reverrait ; qu’après tout, aucun corps n’avait été retrouvé signifiant que sa mère était peut-être toujours en vie. Mais quoiqu’il en soit, jamais elle n’abandonnerait son rêve de devenir rebâtisseuse, la mort faisant partie intégrante des risques du métier.
Malgré sa peur grandissante de la perdre elle aussi, Bruton n’empêcha cependant jamais Rosie de poursuivre son rêve, continuant jour après jour de lui apporter son soutien indéfectible. Peut-être était-il persuadé, au fond de lui, que de toute façon elle ne réussirait jamais l’examen d’entrée. Tentant de se rassurer comme il le pouvait, essayant de tourner le sujet dans tous les sens possibles et imaginables, il ne pouvait en démordre. Il préférait que sa fille mène une vie dangereuse mais qui lui plaît et où elle peut s’épanouir, plutôt que de la savoir enfermée dans une routine triste et monotone.
Et puis, il y avait ce petit quelque chose en elle. Ce je-ne-sais-quoi qu’il ressentait chaque fois qu’il croisait son regard. Regard qui vaut encore aujourd’hui à Rosie, chaque fois qu’elle recroise d’anciennes connaissances de Joy, qu’on lui rappelle sans arrêt qu’elle a « les yeux de sa mère ». En effet, il n’était pas rare que la jeune fille à la cape et au chaperon rouge – identiques à ce que la défunte rebâtisseuse portait, bien que de couleur différente – fasse référence à la « petite musique dans sa tête ». Cette dernière changeant dans son rythme, sa mélodie et ses sonorités en fonction des personnes sur lesquelles elle pose son regard ; lui permettant d’interpréter la nature profonde des gens qu’elle rencontre et voir ainsi au-delà des apparences.
Aidée à son maniement par son oncle Kron dès ses 7 ans, Bruton ne s’en sentant pas le courage, Rosie devint rapidement en quelques années une experte dans le domaine du combat rapprochée et à distance ; ses compétences surpassant très nettement la quasi-totalité des enfants de son âge. Agile, vive, précise, dotée d’un sens aiguë d’adaptation et d’une vitesse surdéveloppée du fait de sa morale, il ne faisait aucun doute que la jeune fille avait le potentiel d’être une rebâtisseuse d’exception. Peut-être même meilleure que ses deux parents. Ainsi, quand elle eut 14 ans, elle put finalement intégrer la prestigieuse Académie des Rebâtisseurs de Célestia et rejoindre la section « Espoirs » consacrée aux futurs rebâtisseurs. Le plus difficile étant à présent derrière elle ; Rosie put enfin toucher son rêve du bout des doigts, persuadée que la suite n’allait être qu’une partie de plaisir.
Quelle ne fut pas son erreur lorsqu’elle s’assit pour la première fois sur les bancs de l’immense amphithéâtre n°4 attribué à sa section de rebâtisseurs. Élève médiocre, dormant pendant les cours et passant tout son temps libre à s’amuser ou à se goinfrer de cookies plutôt qu’à réviser, la jeune étudiante parvint tout juste à décrocher la moyenne à chaque semestre, sauvée in extremis par ses performances hors-du-commun lors des exercices de terrain, des simulations de missions et des tests d’Histoire de Fabula – matière qu’enseignait encore son oncle Kron, peu de temps avant l’admission de sa nièce à l’Académie – mais surtout par la bienveillance de ses professeurs.
Ces derniers perçurent en effet très vite son potentiel, qui ne fut pas sans aisément leur rappeler de qui elle tenait son nom de famille. Aussi jugèrent-ils contre-productif de la pénaliser pour ses lacunes théoriques et prirent ainsi la décision d’opter dès la deuxième année pour une démarche plus pratique en lui faisant intégrer un duo. Sans être une grande intellectuelle, Rosie savait pourtant bel et bien faire preuve de qualités remarquables de leadership lors des épreuves physiques, allant de paire avec l’ancienne tradition des rebâtisseurs de la vieille école de travailler en groupe de 4. Si la jeune fille aux yeux d’argent était, en effet, quelqu’un ayant pour habitude de s’attacher très - voire trop - rapidement à autrui, il n’en demeurait pas moins qu’elle devenait soudainement une redoutable meneuse d’Hommes aussitôt l’adrénaline lui montait à la tête. Consciente de toutes les petites astuces et de beaucoup de différents pièges à éviter dans ce métier grâce aux conseils avisés de son père, ce n’est qu’à partir de sa deuxième année à l’Académie qu’elle commença à pleinement s’épanouir. C’est, en effet, lors de son troisième semestre qu’elle fit la rencontre de son futur groupe d’amis composé des deux clowns de la section, aux notes au moins aussi mauvaises que les siennes : Enzo Venturion et Todd Malkovitch (pour qui elle aurait apparemment un petit faible). Et, paradoxalement, également de celle qui allait devenir son duo ; la populaire, belle et ambitieuse major de sa promotion : Blanche Dugivre.
Leurs professeurs avaient effectivement insisté pour les mettre ensemble, considérant qu’elles pourraient toutes deux se tirer vers le haut en s’enrichissant mutuellement de leurs domaines d’expertises respectifs. De son côté, Rosie fut très rapidement touchée par la « petite musique » de celle qui visait le prestigieux Hall des Honneurs de Célestia et la considéra très vite comme sa meilleure amie pour la vie. S’il serait pour le moins euphémique de dire que la réciprocité de la chose semblait inexistante - la jeune Atolcostienne pouvant au début se montrer très dure et froide, voire vantarde et méprisante à l’égard de sa camarade Célestiaise – la jeune fille à la voix aussi aigüe qu’un chant de rouge gorge persista dans ses efforts pour crever l’abcès. Continuant de tendre l’autre joue sans jamais rendre coup pour coup, l’affectuosité et la bonne volonté de Rosie finirent par toucher Blanche dans ses sentiments. Cette dernière finissant à son tour, après beaucoup de résistance, par s’ouvrir à celle qu’elle avait longtemps perçu comme un boulet, uniquement là pour la tirer vers le bas.
Néanmoins, le véritable évènement qui signera la fin de cette amitié à sens unique au profit de quelque chose qui les dépassera toutes deux n’est rien de moins que l’arrestation, sous l’impulsion de Rosie, du criminel mieux connu sous le surnom de Grand Méchant Loup.
En effet, lors d’une sortie somme toute banale la jeune fille aux yeux d’argent, accompagnée de son duo aux cheveux blancs comme la neige, rencontrèrent par un concours de circonstances un homme étrange aux problèmes d’élocution récurrents et vêtu d’un long manteau de cuir noir.
Alertée par la petite musique dans sa tête, passant d’une ambiance calme et paisible à une soudaine symphonie de hurlements sur fond de mélodie sinistre et macabre – et ce, à l’instant même où la jeune fille au chaperon rouge déposa les yeux sur ce sombre individu - Rosie prit la décision irréfléchie de suivre ce dernier à distance. Malgré les protestations de Blanche, la petite faucheuse, ne se fiant qu’à son instinct, traîna son duo jusqu’à l’entrepôt désaffecté dans lequel s’était terré le criminel.
Quand elles pénétrèrent à l’intérieur, ces dernières découvrirent ce qui semblait être une bombe immense s’élevant du sol au plafond. Composée de matériaux technologiques Atolcostiens semblant dater de la Seconde Tempus Belli, gravés d’inscriptions rappelant fortement l’alphabet runique de Fort-Brillant ; l’homme en noir se tenait devant un poste de commande relié à l’explosif, visiblement prêt à l’activer à tout moment.
Persuadée de la gravité de la situation, Rosie se laissa guider par ses pulsions irraisonnées et profita de l’effet de surprise cumulée à l’assourdissante vitesse de sa morale - qui se manifesta pour la première fois sous forme de pétales de roses – pour assommer le criminel avant qu’il ne puisse dire ou faire quoi que ce soit. Laissant Blanche prévenir la police et les rebâtisseurs, Rosie commença lentement mais sûrement à comprendre qu’elle venait tout juste de sauver l’intégralité de Fabula d’un sort funeste.
L’affaire ne put restée secrète très longtemps, et la révélation au grand public des intentions du Grand Méchant Loup fit grand bruit à l’international. Rosie Redfield et Blanche Dugivre devinrent alors durant plusieurs semaines les centres d’intérêt numéro un des différents médias nationaux comme internationaux, à commencer par Canal 6. Rosie vécut très mal cette célébrité soudaine. De nombreux chefs d’États et représentants politiques étrangers cherchèrent à la contacter afin de lui promettre monts et merveille en récompense de son intervention et de sa bravoure. Du moins, officiellement. Cette notoriété inattendue fut telle qu’elle empêcha purement et simplement la jeune fille de se rendre à l’Académie pendant plusieurs jours, du fait de toutes les caméras et autres paparazzis qui l’attendaient devant l’entrée. La situation poussa le Doyen Rupert lui-même à intervenir en s’entretenant directement avec la jeune fille aux yeux d’argent. Le vieil homme en blanc lui fit deux offres pour l’aider à sortir de cette situation difficile. La première garantissait à la jeune fille une couverture médiatique et politique qu’il assurerait lui-même le temps que l’enquête se termine et que les choses se tassent. Et la seconde, la plus alléchante, consistait à faire officiellement d’elle une rebâtisseuse professionnelle pour service rendu à la Nation, voire au monde entier.
Après mûre réflexion, Rosie accepta sans hésiter la première proposition. Mais, elle finit par décliner la seconde. En effet, pour elle, il ne s’agissait pas là d’un service rendu à l’humanité mais d’un simple acte de bon sens. Les bonnes actions ne devant, à ses yeux, pas être récompensées mais bel et bien être banalisées. La jeune faucheuse tenait bien sûr à cette accréditation comme à la prunelle de ses yeux. Mais, ce qu’elle désirait avant tout : c’était de l’obtenir dans les règles de l’art. Et non du fait d’un acte sans rapport direct avec sa formation. Son vœu fut exaucé et il lui sera également rapporté un peu plus tard que son duo, Blanche, procéda également aux mêmes choix ; continuant ainsi de son propre chef sa formation de rebâtisseuse à ses côtés. Elle en fut la première surprise !
Ainsi, à la suite de cet évènement exceptionnel, Blanche devint du jour au lendemain beaucoup plus amicale avec Rosie… Enfin, dans la mesure du raisonnable. Cette dernière étant, quant à elle, devenu le visage de la nouvelle génération de rebâtisseurs de Célestia. Et ce, à tel point qu’elle fut même choisie pour présenter le dernier spot promotionnel en date de la nation du présent à visée internationale. Ayant retrouvé un semblant de tranquillité dans son train de vie quotidien, la jeune fille aux yeux d’argent demeure plus que jamais déterminée à obtenir son titre officiel de rebâtisseuse professionnelle. Sa dernière mission en date étant la rescousse de 4 individus retrouvés évanouis sur Loisiria, suite au passage de la vague de chaleur provenant de Déséter.
Elle s’attacha d’ailleurs très vite à l’une d’entre eux, bien qu’elle fut contrainte de repartir peu de temps après leur réveil. Mais, qui sait ? Peut-être leurs chemins seront-ils amenés à se croiser à nouveau par la suite !