Les personnages liés
Nation
Miggu Revitch est originaire des campagnes d’Osowiek, dans le pays de Mysandria. Fille ainée d’une famille nombreuse, elle travaillait aux champs après l’école, rivalisait avec les garçons au sport, et a éveillé sa Morale à force de se battre avec ses camarades. Elle s’est construite une personnalité forte, affirmée et inflexible au fil du temps, et si maintenant elle assume et embrasse cet aspect de sa personne, à l’époque elle aurait bien aimé être douce et attentionnée comme les autres filles de son village. Elle garde ainsi de bons souvenir de cette époque plus simple. Ses parents, paysans, ont vite réalisé son potentiel, et l’ont inscrite en grande pompe à l’école militaire à 16 ans comme beaucoup de jeunes de son âge ; les mœurs voulant que l’ainé aille servir la Mère Patrie. Et cela lui allait comme un gant. En effet, à l’époque Mysandria était bien différente. Une nation moins rose et beaucoup plus rouge, gouvernée par un Ogre qui pouvait tutoyer l’ordre mondial. L’armée occupait une place prépondérante tant dans la politique que dans la vie civile, et appartenir à l’Armée Rouge était une fierté et un honneur sans pareils.
Pour une enfant de la campagne, une fille de surcroît, réussir à l’armée ce n’était pas gagné, mais elle releva le défi, se sentant l’âme d’une soldate comme ceux qu’on voyait sur les affiches de propagande. Miggu a passé ses classes avec rigueur et motivation, et s’est imposée assez vite comme une très bonne meneuse, dont le tempérament brutal allait être tempéré par l’expérience. L’armée forge le caractère, mais dans son cas elle avait déjà la mentalité militaire, et c’est finalement elle qui influençait le plus ses camarades, privilégiant l’efficacité dans des solutions directes et sans compromis à toute forme de problèmes. À ses 18 ans, après deux ans d’entraînement et de formation, elle intégra l’infanterie directement en tant que lieutenant, et continua à se former à tous les aspects de la guerre : maniement des armes lourdes, stratégie et ingénierie. C’est d’ailleurs à l’armée qu’elle développa un certain intérêt pour la science et la technique ; les campagnes de Mysandria étant assez arriérées dans le domaine. Elle excellait cependant au combat au corps-à-corps et en poliorcétique, l’art de mener un Siège et de prendre une forteresse, grâce à quoi elle participa à une certaine bataille bien connue sur Hivrian.
Lorsque la Seconde Tempus Belli survint, Mysandria fit front avec les troupes d’Atolcost et de Célestia. Et si l’apport de l’Ogre Rouge pouvait sembler dérisoire - du haut de ses quelques bataillons - ces soldats impressionnèrent les autres régiments. D’une part, car il y avait beaucoup de femmes, chose assez rare dans les autres armées. Et d’autre part, car ils se battaient avec une hargne et une détermination sans pareils, pour compenser leur très faible nombre. Miggu a bien entendu participé en tant que jeune Caporal à la Seconde Tempus Belli. Seulement âgée de 24 ans, cette campagne aussi sanglante qu’épouvantable a grandement influencé la militaire qu’elle allait devenir. Aujourd’hui, elle en conserve un souvenir immuable, et en tire sa hargne légendaire et sa poigne implacable. Elle y aurait même affronté la « Bête de Gévaudan », lors de la percée du siège du palais royal ; en compagnie de plusieurs autres grands noms qui ont pour la plupart oublié la présence de Mysandria dans ce combat. Son bras lui vient directement de ce conflit, puisqu’il s’agit d’une prothèse holographique à pulsion magnétique unique en son genre. C’est d’ailleurs à cette occasion qu’elle put rencontrer un chercheur inventeur fort doué, avec qui elle entretient depuis une relation épistolaire ponctuée de quelques rencontres hors du service.
Après la chute de l’Ogre Rouge, Miggu a conservé son poste au sein de l’Armée Mysandriaise, montant même en grade par la suite. Et les rares qui ont taxé cela de favoritisme féministe ont fini encastrés dans un mur. Occupant principalement des postes d’hommes, à l’école militaire puis directement dans l’armée, Miggu est une femme forte et droite, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Par ailleurs, même si elle se montre souvent dure avec eux, elle a entraîné personnellement plusieurs soldats, mercenaires ou simple jeunes perdus, persuadée que l’éducation autour de valeurs fortes, et la chance donnée à chacun sont les meilleures armes pour faire corps autour de sa chère Patrie. Et bien qu’elle ne partage pas toujours les points de vue de ses camarades, elle prend les armes pour eux. Car même si certain n’en valent pas la peine, la véritable inclusion, c’est de se battre pour tout le monde, sans exception.
Aujourd’hui, Mysandria est la risée du monde, moquée - souvent à raison - et méprisée. Mais si la capitale et les hauts corps gouvernementaux ont totalement virés « Féminisme Rose », l’arrière-pays, les campagnes, les usines et les militaires, eux, sont pour beaucoup nostalgiques de l’Ère Rouge de la Mère Patrie. Parmi eux, Miggu continue de se battre pour concilier le féminisme à deux sous de ses collaboratrices avec les idéaux de l’Ogre Rouge. Mais même pour elle, c’est parfois compliqué de suivre une Assemblée Féministe sans hurler. C’est pourquoi, elle se trouve souvent des excuses pour les esquiver. Son plus grand adversaire, à sa grande surprise, ce n’est pas les grandes puissances mondiales qui veulent écraser la patrie. Mais ce sont ses propres camarades qui, involontairement, précipitent Mysandria toujours plus loin dans l’absurdité et le ridicule. Et elle se doute que la collaboration avec l’ancien prince Xavier Van Arthur ne va pas arranger ça.