Les personnages liés
Nation
Bien peu de personnes sur Fabula peuvent se vanter d’être à la fois aussi sages, bien connues et en même temps pleines de secrets que le Doyen de l’Académie des Rebâtisseurs de Célestia : Théodore Rupert.
Si nul ne connaît vraiment l’âge de ce vieil homme à la moustache, aux habits et au chapeau melon blancs, l’on estime qu’il doit être aujourd’hui l’entité la plus ancienne de Fabula, au même titre que Black Tie – si tant est que ce dernier existe vraiment – étant considéré comme le dernier des Créateurs encore vivant après la grande guerre opposant ces derniers au camp des Destructeurs.
Bien que ces affrontements remontent à une ère maintenant oubliée de tous, il n’en demeure pas moins que les évènements qu’ils générèrent marquèrent à tout jamais le vieillard aux yeux en permanence fatigués. Ce dernier, ne jurant aujourd’hui que par l’harmonie en toute chose, se souvient encore de ce que ces conflits ont engendré et de ce que Fabula eut à endurer du fait de désaccords fondamentaux sur ce que Les Deux Frères devaient faire de leur monde.
Ayant conservé ses pouvoirs de création ex nihilo sur le plan matériel comme immatériel de constitutions préexistantes – sobrement intitulés « Le commencement de toute chose » - et détenant également le pouvoir de remanier partiellement l’espace et le temps ; Rupert demeure aujourd’hui le seul rempart véritablement capable d’empêcher son homologue destructeur d’accomplir ses funestes desseins. En effet, le vieux Doyen n’a jamais été dupe quant aux intentions de ce dernier. Il se doutait que l’intervention de La Petite Sœur pour mettre fin à l’opposition des partisans de ses deux frères, signant la fin du conflit, n’était que partie remise. Aucun d’eux ne comptaient véritablement abandonner ses convictions profondes. Et ce, qu’elles fussent de préserver Fabula tel quel, tout en l’entretenant comme il se doit avec des créations la rendant un peu meilleure à chaque jour qui passe ; ou bien de l’annihiler purement et simplement dans sa forme actuelle pour pouvoir repartir plus tard sur des bases saines. La création et la destruction n’étant jamais, à ses yeux, que les deux faces d’une même pièce.
Persuadé du fait que la nouvelle Fabula de La Petite Sœur ne serait jamais vraiment en sécurité tant que Black Tie demeurerait ; et étant dans l’incapacité de l’affronter directement -du fait de la promesse de ses Deux Frères de ne plus jamais risquer de tout perdre en s’affrontant l’un l’autre - les deux rescapés de la première véritable guerre de Fabula durent adopter une nouvelle stratégie. Une stratégie visant à contrecarrer indirectement leurs projets respectifs à travers leurs pions ; ceux-là mêmes qu’ils placent et déplacent depuis plusieurs siècles sur le gigantesque échiquier géant qu’est Fabula, dans une partie qui semble sans fin.
Seulement, pour faire face aux forces de l’Anti-Monde, Rupert ne devait pas seulement s’entourer d’alliés fidèles et capables, au fil des générations. Il était également nécessaire de les former, afin qu’ils se tiennent prêts si d’aventure des preuves de l’existence du monstre au haut-de-forme venait à s’ébruiter un jour. De cette initiative naquirent les premiers rebâtisseurs, devant le nom de leur profession à l’initiative de La Petite Sœur de rebâtir Fabula sur ses ruines. La mission de ces derniers passant, au fil des âges, de gardiens de l’harmonie sur Fabula à celle de protecteurs de ses habitants, où qu’ils soient tant qu’ils acceptaient ou réclamaient leur aide.
Considérés pour beaucoup comme des sauveurs voire comme des héros, la profession instaurée par Rupert devint bien vite ce pourquoi le pays sur lequel il domiciliait - Célestia, le berceau des rebâtisseurs - fut majoritairement reconnu à l’international. À tel point qu’il inaugura l’institution qui deviendrait bien vite le cœur et centre névralgique de sa nation : l’Académie des Rebâtisseurs de Célestia, qu’il dirige depuis sa création et encore aujourd’hui.
Se refusant toujours de prendre partie lors des conflits, préférant le dialogue et la recherche collective de solutions à l’affrontement – ne sachant que trop bien l’intérêt que Black Tie porte à ce dernier, le renforçant encore davantage chaque fois qu’un nouveau prend lieu – le vieil homme tout de blanc vêtu n’eut cependant d’autres choix que de faire participer Célestia à chacune des deux Tempus Belli, aux côtés d’Atolcost et de ses alliés contre le royaume de Gévaudan. En effet, le représentant officiel de l’Assemblée Constituante de Célestia, jugeant trop dangereux de laisser faire les Rois Cœur-Noir - intimement persuadé du rôle que Black Tie et ses créatures jouaient dans cette histoire - accepta de mobiliser ses troupes de rebâtisseurs volontaires sur place pour porter main forte aux futures nations qui composeraient l’Alliance de Protection de Fabula ou « APF ».
Ce projet - issu de la volonté commune de Célestia, Atolcost et Fort-Brillant de resserrer les liens entre les différents pays de Fabula pour que jamais plus une nouvelle guerre de pareille ampleur que les dernières n’éclate - fut un pas de géant pour la poursuite de l’harmonie sur Célestia. Et si Rupert éprouva, malgré tout, quelques réticences quant aux sanctions que l’état-major d’Atolcost infligea à la famille royale de Gévaudan, ensuite embrassées les Van Arthur ; ce dernier continue encore et toujours de mener sa politique de compromis et d’acceptation de concessions si ces derniers permettent la préservation de Fabula sur le long terme.
Conscient des raisons qui poussèrent les Hommes à détruire l’Ancien-Monde, le vieil homme aux yeux fatigués n’a, en effet, pour unique ambition que celle d’empêcher ces dernières de s’instaurer dans leurs esprits une nouvelle fois. Raison pour laquelle, ayant fait de « L’Harmonie dans l’Éternité » la devise de sa nation, celui que quelques-uns comparent même parfois à un dieu établit sur Célestia une société dans laquelle tout-un-chacun peut profiter de ses créations si besoin est. Sa philosophie de vie selon laquelle le bien-être des Hommes doit passer avant tout pour garantir l’harmonie, garantissant elle-même la stabilité dans la continuité, contribua bien vite à apporter à Célestia le titre de véritable paradis sur Fabula. Plaçant l’humain au centre de tout, Rupert est omniprésent dans la vie de sa nation tant sur le plan économique, que social et environnemental. Si, bien sûr, sa société parfaite fut critiquée à de nombreuses reprises à l’international – voire même parfois par certains Célestiais dubitatifs - du fait de cette même omniprésence qui dérèglerait tout le mécanisme en cas de disparition - voire de simple absence - de ce dernier ; il n’en demeure pas moins que le modèle Célestiais reste bien rôdé avec toute une série de plans à mettre en œuvre, étudié avec soin par le Docteur Max Cladwell - nommé premier adjoint du Doyen – en cas d’inattendu.
Avec la morale comme force motrice suprême, le vieil homme en blanc demeure très secret quant à sa vie privée, ne s’éternisant jamais très longtemps dessus et fuyant comme la peste les entretiens qui cherchent à l’interroger sur autre chose que la gouvernance de sa nation. Celles et ceux qui le connaissent bien ont néanmoins put révéler quelques éléments le concernant au fil des années. Que ce soit sa manie de toujours mettre deux sucres dans son thé quotidien, son amour pour les horloges, ou encore son hobby favori : construire des châteaux de cartes.
Bien plus surprenant, la presse à scandale aurait même révélé une sombre histoire de fille cachée. Mais cette dernière fut rapidement démentie, personne d’autre que le vieillard philanthrope n’ayant été recensé comme portant le nom de famille « Rupert » sur Célestia.
Très affecté par le terrible incendie qui frappa l’Académie des Rebâtisseurs de Célestia, 7 ans avant l’arrivée de la vague de chaleur de Déséter ; le Doyen de l’humanité de Fabula se rapprocha encore davantage de ses grands alliés chef d’États à l’international, insistant encore plus qu’auparavant auprès d’eux sur la nécessité de demeurer unis, même dans les circonstances les plus difficiles, pour le bien de Fabula.
Continuant, malgré tout, de maintenir de nombreuses zones d’ombre en gardant volontairement pour lui bien des secrets – sans les partager, mêmes aux personnes les plus proches de lui - l’ancêtre aux yeux fatigués et à la voix cassée par le temps demeure une source de légendes et de questions plus ou moins légitimes dont le nombre augmente de jour en jour. Les habitants de Fabula auront-ils seulement un jour droit à des réponses ? Seul l’avenir le dira.