Les personnages liés
Nation
Foster York est né dans la nation steampunk de CloakHoover. Plus précisément, dans la petite ville industrielle de CoalCloud. C'était un jeune garçon curieux et volontaire, mais ayant toujours eu beaucoup de mal à trouver sa place dans la société. Sa famille ne roulait pas sur l’or et les conditions de vie sur CoalCloud laissaient à désirer. L’air n’était pas toujours respirable, l’eau avait un goût de calcaire et les mesures de salubrité publique peinaient à se développer. Mauvais élève, souvent sanctionné pour des petites bagarres et prompt à s’opposer frontalement à toute forme d’autorité, Foster se doutait qu’il risquait plus tard de rejoindre les rangs des travailleurs sous-payés et exploités déployés dans les mines ou sur les chantiers.
Grâce à son père, il acquit très jeune une culture de la manifestation et des revendications sociales et salariales. Présent à ses côtés dans tous les cortèges de travailleurs depuis sa plus tendre enfance, il n’a pas fallu longtemps avant que sa sœur adorée Zoey ne les rejoigne. Malgré tout, c’est après que l’un des rassemblements ait particulièrement dégénéré que cette dernière fut blessée à l’œil. Un évènement qui marqua à tout jamais le jeune homme et qu’il ne pardonnera jamais à personne ; renforçant sa colère et sa haine envers les élites et leurs larbins.
En grandissant, Foster est devenu de plus en plus exaspéré par la façon dont les choses se passaient dans son pays, voire dans tout Fabula. Il voyait les riches et les puissants exploiter en permanence les pauvres et la classe ouvrière dont il faisait partie. Pire, il constatait que les syndicats soi-disant là pour les protéger étaient de mèche avec le patronat et les décideurs politiques. Leurs sempiternelles réformes et négociations n’apportaient jamais rien de vraiment concret sur la table. Seulement des mesurettes tout juste bonnes à renvoyer tranquillement les travailleurs chez eux pour la journée. Et personne à part lui ne semblait s’en révolter. De cela naquit sa profonde envie de mettre le feu aux institutions et de succomber à ses plus bas instincts pour mettre à mal cette société parfaitement bien huilée qui entretenait le statu quo.
C'est à cette époque que Foster se considéra officiellement comme anarchiste. Bien que dépourvu d’une culture politique poussée, il savait reconnaitre les casseurs et les logos tagués sur les murs, les banques et les abribus. Il se reconnaissait en eux et en leur volonté de changer radicalement les choses, par la force si nécessaire. S’il voulait transformer la société de fond en comble, il ne pourrait se contenter de manifestations pacifiques, de votes et de compromis. Il lui fallait s’engager à renverser l'ordre social existant afin de créer une nouvelle hiérarchie où les forces seraient inversées.
Foster commença ainsi à fréquenter un groupuscule d’anarchistes CloakValiens avec lesquels il se mit à casser du mobilier, à préparer des cocktails Molotov et à envoyer des lettres de menace mal écrites aux différentes figures d’influence de la nation steampunk. Cependant, malgré tous ses efforts, il eut du mal à avoir un réel impact sur le bon déroulé des choses. À vrai dire, il avait l'impression de crier dans le vide et que personne ne l'écoutait vraiment. Il prit donc la décision de frapper un grand coup.
Quittant le domicile familial pour ne pas risquer de mettre une nouvelle fois en danger sa petite sœur, il s’adonna à un plan des plus périlleux. Ce dernier consistait à s’en prendre à un entrepôt de la capitale CloakValienne, GoldenGear, sensé abriter différentes armes et équipements destinés aux forces de l’ordre. Proposant son idée géniale à ses camarades anarchistes, il n’eut droit à rien d’autre de leur part qu’un lointain soutien. Trop têtu pour abandonner, le jeune révolté préféra s’aventurer seul dans cette opération plutôt que de continuer à donner des coups d’épée dans l’eau avec eux. Son but n’était de toute façon pas de s’emparer de l’entrepôt d’armement, mais bien de le démolir.
Pour ce faire, il dissimula toute une série d’explosifs miniaturisés à l’intérieur de sa collection de dés. Ainsi, il pourrait lancer ces derniers à distance, sans avoir à pénétrer à l’intérieur et sans susciter la méfiance. Une fois sur place, il fut malgré tout surpris de voir que les lieux semblaient avoir été désertés par les agents de sécurité. Or, loin d’attiser sa méfiance, cette absence de comité d’accueil l’invita à en profiter pour passer à l’action. Après tout, cela lui facilitait bien la tâche et il n’allait pas se gêner. Bombardant l’entrepôt de ses dés explosifs, il vit finalement une petite silhouette quitter la réserve pour s’aventurer dans sa direction. Une jeune demoiselle haute comme trois pommes tenant un parapluie entre ses mains et affichant un air particulièrement contrarié au visage. La dernière chose qu’il aperçut avant de tomber soudainement dans les pommes fut un talon de botte propulsé à toute vitesse dans sa direction avant de lui écraser le visage au sol.
À son réveil, Foster fit la rencontre du criminel notoire qui s’était entretemps emparé de l’entrepôt. Un certain Axel McDwell. Ce dernier ayant insisté auprès de sa fidèle seconde pour qu’elle ne tue pas le jeune homme afin qu’il puisse lui-même l’interroger. Craignant pour sa vie, le CloakValien de CoalCloud lui révéla toute la vérité. Intrigué par l’audace dont il avait fait preuve en osant s’attaquer à lui seul – mais surtout intéressé par ses compétences en matière de dissimulation d’explosifs – le bandit au chapeau melon prit la décision d’épargner son jeune assaillant. Mieux que ça, il commença à lui vendre les mérites de son organisation criminelle, l’enjoignant à travailler pour lui dès à présent.
Après tout, lui aussi s’en prenait aux riches et aux puissants. Mais pas seulement à eux ; aux autres aussi ! Avec lui, aucun traitement de faveur. N’était-ce pas ça la véritable égalité ? Quelque part, lui aussi était un anarchiste. Certes, il régnait sans partage sur son gang en s’accaparant toute la gloire et tous les profits. Mais, ça n’en faisait pas moins un modèle d’anti-systémisme aux yeux du jeune CloakValien. McDwell incarnait cette figure charismatique et persuasive inspirant les gens à le suivre dont Foster avait tant besoin. De plus, il ne restait pas cantonné à CloakHoover. Au contraire, il faisait régner sa loi aux 4 coins de Fabula. Même s’il ne se battait pas nécessairement pour les mêmes idéaux que lui, le révolté aux dés était persuadé qu'en rejoignant le gang de McDwell, il pourrait enfin faire la différence en l’aidant véritablement à provoquer des réels changements. Ceux-là même qu'il souhaitait si désespérément voir depuis tant d’années.
À peine âgé de 21 ans, Foster York est aujourd’hui l’un des plus fidèles alliés d'Axel McDwell ; à tel point qu’il est l’un des rares membres de son gang dont le criminel au chapeau melon se souvient du nom. Pour ainsi dire, le jeune CloakValien admirait tellement son patron qu’il copia en partie son style. En effet, ce dernier porte à présent lui aussi un couvre-chef reconnaissable entre mille dont il ne se sépare jamais : un haut-de-forme dans lequel il cache bon nombre de ses dés. Rapidement emporté par l'excitation et le glamour du style de vie criminel, il avait l'impression d’enfin contribuer à quelque chose d'important. Quelque chose qui donnerait un grand coup de pied dans la fourmilière.
Au fond de lui, Foster savait qu'Axel n'était pas tout à fait la figure révolutionnaire qu'il avait imaginée. Ses activités criminelles n’étaient peut-être qu'un moyen pour lui d’arriver à ses fins, en accumulant pouvoir et richesse et en les gardant sans partage. Pourtant, il ne pouvait - et ne peut toujours pas - s’imaginer quitter son gang. Pas après avoir coupé les ponts avec son ancienne vie et ne plus savoir vers qui d’autre se tourner. McDwell n’était peut-être pas parfait, mais il restait moins pire que tous les autres, à ses yeux. Il l’a recueilli parmi les siens alors qu’il avait toutes les raisons du monde de le tuer. Lui qui contribue plus à déstabiliser l’ordre international de Fabula que n’importe quel militant ou activiste. Et puis, il faut dire qu’il est plutôt bien entouré… Certains de ses hommes racontant même que le jeune CloakValien aurait le béguin pour celle qui lui a cassé la figure des années auparavant.
Malgré ses doutes et ses appréhensions, Foster est resté fidèle à son patron depuis qu’il l’a rejoint. Il est devenu un lieutenant de confiance et il a été impliqué dans de nombreux braquages figurant parmi les plus audacieux du gang. Ce dernier voit en eux une véritable famille. Une famille rassemblée autour du culte de leur chef, mais une famille unie. Du moins, autant que faire se peut dans le monde criminel. Cependant, les récents évènements tendent à pousser le jeune CloakValien à devoir choisir entre ses deux familles. En effet, il semble que sa propre sœur Zoey et ses nouveaux amis se retrouvent désormais de plus en plus souvent indirectement confrontés aux plans de son boss. Or, il ne souhaite prendre position contre personne et tente difficilement, à chaque reprise, de s’assurer que tout le monde s’en sorte. Bien que n’étant lui-même pas très jouasse à l’idée de porter assistance à un descendant de l’une des familles les plus puissantes de Fabula, il refuse que sa petite sœur soit à nouveau blessée par sa faute. Il la sait assez débrouillarde pour se sortir d’à peu près n’importe quelle situation toute seule. Mais autant ne pas lui donner plus de fil à retordre qu’elle n’en a déjà. Bien qu’étant jusqu’alors parvenu à sauver les meubles, Foster espère malgré tout que leurs chemins ne se recroiseront plus, à l’avenir.
Auquel cas, qui sait pendant combien de temps encore il réussira à empêcher à ses deux familles d’entrer en guerre ?