Zoey York

« J'préfère essayer et me planter par moi-même que rester là à rien faire en espérant un miracle ! »

- Zoey York

Zoey York est une jeune fille pétillante, motivée et indépendante (ou surexcitée, bornée et dissidente, en fonction du point de vue de chacun) qui survole le monde sur un fond de Power Metal et de rock allègrement diffusés par ses soins partout où elle passe. Équipée d’un étrange appareil volant à hélice fabriqué à la main qu’elle porte sur le dos, ainsi que d’une radio qu’elle transporte sur son épaule, elle esquive les ennuis avec légèreté et une apparente insouciance qui lui ont souvent valu, avec son allure juvénile, d’être peu prise au sérieux et considérée comme une enfant. Il faut dire que ses airs excentriques, sa soif de liberté, son dédain pour l’autorité et son statut d’Héritière des Saisons ne font pas bon ménage. En effet, cette dernière se voit souvent impliquée dans des situations invraisemblables où l'on peut aussi bien se demander comment elle va s’en sortir que comment elle s’y est retrouvée.

Habillée à la mode de l'arrière-pays industriel de CloakHoover plus encore qu'à celle de la capitale, l'Héritère de Déséter porte une tenue qui respire elle aussi le fait-main et la récupération. Tâchée, lavée, raccommodée, de la tête aux pieds, sa garde-robe se compose d'une veste en cuir brun, d'un jean et de solides chaussures montantes, juste ce qu’il faut pour la protéger en cas d’escapade ou de bricolage douteux. Zoey a grandi dans ces milieux-là, ouvriers et miniers dans le pays de la vapeur, et si elle marque une certaine distance avec la culture plus traditionnelle de l’arrière-pays, elle incarne à merveille l’esprit Cloakvalien, ingénieux, étrangement fonctionnel, et qui met un point d’honneur tant dans l’apparence que dans la fonction.

C’est aussi une grande amatrice de musique, très versée dans la culture populaire et fan absolue de certains chanteurs. Elle aime la musique énergique, motivante et inspirante, le rock dans son esthétique comme dans son son et s’est même essayée avec un succès relatif à la guitare. Et bien sûr, comme beaucoup d’enfants de CloakHoover, elle aime les machines, l’ingénierie et l’horlogerie complexe qui alimente toutes les infrastructures du pays. C’est en quelque sorte une touche-à-tout dans la création manuelle, avec une grande fantaisie et un certain sens de la démesure.

La famille de Zoey n’a rien de vraiment extraordinaire, ce sont des gens très banals, bien ancrés dans la classe populaire. Si bien que son grand-frère a préféré tout quitter plutôt que de rester parmi eux, peut-être effrayé à l’idée de finir comme son chômeur de paternel.

Ils habitent dans une résidence ouvrière aux murs de briques dans le quartier des manufactures, sa mère fait des ménages de temps en temps, autant dire que sa jeunesse n’a pas débordé de richesse matérielle. Mais un foyer aimant, c’était au fond pour elle le plus important. Et malgré les disputes, le jeu, l’alcool ou le chômage : jamais elle n’en a voulu à qui que ce soit pour sa vie, et encore aujourd’hui elle donne de temps à autre un coup de fil à sa mère pour prendre des nouvelles. Douée mais dissipée à l’école, elle n’aimait pas beaucoup les longues études et préférait les travaux pratiques et manuels, bricolait parfois avec son père sur son temps libre, et n’aspirait pas à grand-chose d’autre. Mais le jour où elle a reçu les résultats de son examen final, elle décida de quitter son foyer, où elle vivait de plus en plus mal à la fois l’absence de son frère et les problèmes d’argent qui rongeaient leur quotidien. Et pour d’autres raisons, possiblement. Elle ne semble pas assumer sa note, peut-être par pudeur pour Foster, ou par peur de décevoir ses parents en ne faisant pas de grandes études.

C’est encore pour beaucoup une enfant, immature et inconséquente, et ses compétences personnelles qu’elle a tendance à dévaluer ne vont pas dans le sens d’une future épouse ou d’une travailleuse modèle, c’est sûr. Mais pour ceux qui connaissent la jeune Zoey, c’est une fille ingénieuse et compatissante, qui a préféré user d’agilité et d’habileté pour affronter ou esquiver les ennuis plutôt que de jouer les dures. Bien consciente (peut-être même trop) de sa fragilité et de sa faible constitution, elle essaie de vivre la tête haute sans se faire écraser ni par les hommes ni par le monde rigide qui l’entoure, en restant elle-même.

Zoey York, 17 ans, fraîchement diplômée avec mention bien qu'en ayant secrètement honte, a quitté CloakHoover au début de l’été pour une durée indéterminée. Mais pas grand monde n’ira la chercher. Pourquoi est-elle partie ? Pour suivre son grand frère ? Pour fuir son père ? Pour chercher la liberté ? Ou bien pour vivre, tout simplement ? Pour découvrir, explorer, rencontrer, échapper à la morosité, répondre à ses grandes questions. Pour vivre sa vie au lieu de la rêver, pour ne pas finir enfermée comme ses parents. Et puis, pour manger de bonnes choses, écouter de nouvelles musiques, profiter. Au fond, une jeune fille presque majeure a-t-elle besoin d’une grande raison pour quitter sa maison et partir à l’aventure ? Marre de se justifier de tout, de raser les murs et de s’excuser ! Zoey l’a décidé, maintenant, elle s’affirme, et elle va mener sa vie là où personne ne pourra l’atteindre : loin dans le ciel, légère comme un nuage, loin au-dessus du sol et de la lourdeur des gens qui le foulent. Et elle verra bien où ça la mènera ! Libre !