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Régner sur le plus vaste territoire de Fabula est chose ardue. D’autant plus lorsque ce dernier doit se relever des conséquences d’une seconde Tempus Belli. Les monarques en devenir sont formés et éduqués dès leur plus jeune âge afin d’être préparés à l’exercice du pouvoir. Or, c’est bien par un homme entièrement dépourvu de sang royal que la lignée de dirigeants à la tête de Gévaudan fut évincée du trône et bannie ; en plus d’instaurer la régence d’une toute nouvelle dynastie au sein d’un nouveau pays.
Claudius était le fils aîné de la famille Van Arthur, qui régnait de génération en génération sur la cité de Fort-Brillant, à l’Est de Gévaudan. Cette dernière était riche en magie, en ressources et en commerce. Ses terres étaient si prospères qu’elle fut même considérée comme le « Joyau de la Couronne de l’Hiver » par le Roi Valiant Cœur-de-Lion, dit « Le Fauve », lui-même. Il était d’ailleurs chose courante de voir se tenir de nombreuses réunions et festivités organisées par les grands puissants de la Cour entre ses immenses murailles blanches. Pour ainsi dire, la renommée et l’influence du domaine étaient telles qu’une lourde responsabilité pesait sur les épaules de chaque premier né de la Maison Van Arthur, héritant du fief aussitôt la mort de leur paternel annoncée.
Chaque nouveau dirigeant de Fort-Brillant se devait d’exceller dans l’art de la gestion de la cité, tant sur le plan économique que politique. Bien que conseillés en permanence, ils avaient la charge de tout ce qui gravitait de près ou de loin à la vie entre leurs murs et devaient rendre en permanence des comptes à la Couronne. Une tâche délicate et complexe que nul ne pouvait passer au second plan en raison de l’importance du titre. Et malgré le temps, cet héritage tenu. Du moins, jusqu’à l’arrivée de Claudius Van Arthur.
Resté enfant unique durant treize années consécutives, le jeune noble compris très vite à quel point sa position était cruciale pour assurer le futur de la cité. Nul autre que lui n’aurait le droit de succéder à son père, rendant son existence même primordiale aux yeux de toute sa famille. Or, Claudius se moquait ouvertement de cette étiquette. Ce dernier ne s’imaginait à aucun moment à la tête d’une ville, n’ayant pour uniques passions que la chasse, les banquets et les femmes. Il aimait également bien trop se battre pour se contenter de tâches administratives lassantes réservées aux aristocrates érudits, et non aux guerriers de sa trempe. Son père absent - du fait de ses occupations professionnelles comme personnelles – chargea ainsi sa jeune épouse d’élever seule leur enfant afin qu’il finisse par accepter sa condition et les responsabilités qu’elle implique. Le succès ne fut cependant pas au rendez-vous. Ne jurant que par la force et n’ayant que faire de la douceur ou de la raison, il manquait une figure charismatique à cette tête dure pour le remettre dans la voie.
Dans les faits, personne ne pouvait rien lui refuser. Il finissait toujours tôt ou tard par obtenir ce qu’il voulait, de gré ou de force, et sans jamais rendre de compte à qui que ce soit. Cependant, si rien ne semblait détourner le Premier Né de son hédonisme, un évènement inattendu alterna soudainement sa vision des choses. En effet, deux mois après la célébration de son treizième anniversaire naquit son frère Qassius. Interprétant son arrivée comme un remplacement anticipé, Claudius se montra du jour au lendemain bien plus coopératif et responsable. Il refusait d’imaginer que l’on puisse offrir à quelqu’un d’autre que lui quelque chose qui lui était destiné, même s’il n’en voulait pas. Raisonnement qui semble d’ailleurs encore aujourd’hui accompagner chaque Van Arthur à un moment ou à un autre de leur vie.
Ainsi, le futur régent de Fort-Brillant accepta de faire des concessions en prenant en considération les divers conseils et leçons de son entourage proche afin de devenir le digne successeur de son père. Bien qu’en réalité, il s’intéressait davantage aux façons de déléguer le travail à d’autres pour ne garder que ce qui lui plaisait dans la fonction. Cela dit, il ne put jamais vraiment se défaire de l’idée de la comparaison avec son nouveau frère. Lui qui aimait se sentir au centre de l’attention, sans personne pour le contrarier ou le contredire ; il refusait d’être mis en parallèle avec un nouveau prétendant bien plus jeune que lui. Aussi, s’assura-t-il de toujours rappeler au monde qui l’entourait – et en particulier à Qassius – sa supériorité. Tant qu’il serait plus grand, plus fort, plus robuste, plus charismatique, plus athlétique et plus courageux que lui, personne ne se risquerait à les comparer.
Lorsqu’il atteint sa majorité, Claudius devint un géant. Lui qui avait mangé à sa faim toute sa vie et profitait des gênes avantageuses de ses ancêtres se complaisait dans ses deux mètres de haut pour surplomber de plusieurs têtes quiconque se tiendrait face à lui. Pouvoir, luxe, influence, plaisir charnels… Le Minotaure possédait alors tout ce dont il avait toujours rêvé. Mais il lui manquait quelque chose. Une occasion de prouver sa valeur à tout le monde et plus seulement aux membres de sa famille. Il savait que les relations entre Atolcost et Gévaudan s’étaient empirées et souhaitait plus que tout qu’une guerre éclate afin de pouvoir mettre à profit ses compétences martiales. À son plus grand plaisir, son souhait fut exaucé ; la stratocratie du futur ayant appris pour le plan d’invasion préventif du Roi Fauve. Elle et son alliée Célestia ne tarderait pas à se rendre sur place pour mener l’assaut ; et Claudius comptait bien les accueillir comme il se doit. Alors en âge de rejoindre le front, il fit la demande d’intégrer l’Armée Royale afin d’en découdre avec ces nations ennemies. Malheureusement pour lui, sa demande fut rejetée par la Couronne ; l’assignant à la garde de sa cité en cas d’éventuelles attaques.
Frustré par cette décision, Claudius n’eut cependant d’autre choix que de se plier aux exigences de son Roi. Un quelconque acte de désobéissance aurait pu lui valoir la vie, voire pire : son déshéritement au profit de Qassius. Et ça, il en était hors de question ! Aussi se jura-t-il d’écraser lui-même dans le sang tout étranger osant fouler ses terres. Position stratégique majeure du fait de ses nombreux ports, plusieurs tentatives de prise de la cité furent orchestrées par l’alliance Atolcosto-Célestiaises. Toutes échouèrent. Les corps des soldats et rebâtisseurs ayant participé aux opérations n’ayant pas même pu être récupérés une fois la guerre terminée pour cause de désintégration. Très vite considéré comme un bastion imprenable, l’idée de mettre la main sur Fort-Brillant fut finalement abandonnée par leur État-major. S’imaginant alors déjà victorieux et ne pouvant se figurer une seule seconde comment Gévaudan pourrait perdre cette guerre après tous les exploits accomplis par la cité : la chute ne fut que plus douloureuse lorsque la mort du Roi Valiant Cœur-de-Lion fut annoncée, suivant la reddition du Royaume de l’Hiver.
La défaite emplit Claudius d’amertume. C’était peut-être la première fois de sa vie qu’il l’expérimentait, et ce simple fait le rendait malade. De plus, de ce qu’il avait appris, désormais la famille royale aurait droit à des améliorations prosthétiques généreusement offertes par Automaton. Mais de quel droit eux qui s’étaient rendus au nom de tout le Royaume y aurait droit, alors que Fort-Brillant n’avait jamais hissé le drapeau blanc ? Les inégalités entre aristocrates ne le dérangeaient pas plus que ça, mais le fait qu’une famille de perdants couards ait droit à davantage d’outils pour montrer leur supériorité face à de vrais guerriers qui les méritaient bien plus le rendait fou de rage.
Le temps n’ayant pas suffit à faire digérer au jeune Minotaure la défaite de sa nation, ce dernier en vint à ne plus tant se réclamer d’elle que de son fief. Il se sentait davantage Fortian que Gévaudien et refusait d’endosser la responsabilité de cet échec. Aussi, c’est peu de temps avant son 26ème anniversaire qu’on lui annonça le décès de son père, marquant son accession à la tête de Fort-Brillant. Se consacrant corps et âme au renforcement de sa cité tant sur le plan militaire qu’infrastructurel, l’aîné des Van Arthur s’enferma dans son rôle et ses obligations de régent. À tel point qu’il ne fut même pas présent le jour de la naissance de son deuxième et dernier frère Straffius.
Si le géant était certain d’une chose c’est que tôt ou tard, Gévaudan chercherait à prendre sa revanche sur Atolcost et Célestia. Un peuple aussi fier et puissant que le sien ne garderait pas longtemps la tête basse devant ses anciens ennemis. En conséquence, il piocha plus que de raison dans les caisses de sa cité, l’appauvrissant lourdement, afin de la suréquiper dans l’attente d’une nouvelle attaque. Seulement, sa patience commençait à peser. Le descendant du Fauve, Gilford Cœur-de-Lion était un faible. Un chien soumis qui privilégiait les discours de paix et le léchage de bottes à l’action et à la revanche nationale. Il le détestait, considérant qu’il ne faisait pas honneur à sa fonction. Était-ce vraiment si compliqué de trouver une raison pour leur redéclarer la guerre ? Tout ce qu’il demandait, c’était un incident diplomatique. N’importe lequel. Mais il lui fallait laver son honneur dans le sang. Or, à sa plus grande surprise, peu de temps après l’annonce de la grossesse de la Reine Ramona Cœur-de-Lion, dite « l’Araignée Violoniste » ; Claudius apprit pour l’invasion réussie des trois autres nations d’Hivrian par Gévaudan. À cela s’ajouta la surenchère d’Atolcost, Célestia, CloakHoover, Loisiria et même Mysandria qui déclarèrent la guerre au Royaume du passé. Extatique à l’idée d’un nouveau conflit, le régent de Fort-Brillant chargea un émissaire de partir informer celui que l’on appelait alors « la Bête de Gévaudan » de son entière disposition et complet soutien pour le conflit à venir. Il se tenait, pour ainsi dire, prêt à se rendre lui-même sur le champ de bataille afin de faire mordre la poussière à cette nouvelle coalition Automato-Printanienne. Il n’eut comme unique réponse qu’une lourde taxe sur ses terres afin de financer l’effort de guerre, une réquisition de ses hommes et de ses équipements, ainsi qu’une assignation à rester sur son territoire pour défendre le point stratégique que représentait Fort-Brillant.
Cette décision fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Dans un communiqué officiel qui parvint aux yeux et aux oreilles de l’ensemble des haut-dirigeants des deux camps, Claudius Van Arthur officialisa son opposition au Roi - dont il jugeait toujours la famille responsable de la première défaite de Gévaudan - et proclama Fort-Brillant « Cité- État indépendante ». Créant ainsi une résistance interne, les différents chefs d’États étrangers apportèrent leur soutien à Fort-Brillant, incluant de facto cette dernière dans leur alliance. Et cette fois, Claudius ne resterait pas en arrière à défendre un point fixe.
Régent de Fort-Brillant ou non, il irait se venger personnellement de l’humiliation que la famille Cœur-de-Lion lui a fait subir. Abandonnant son épouse ainsi que ses deux jeunes jumeaux d’à peine trois ans ; Claudius partit former un bataillon expéditif chargé de la prise du Palais Royal. Il chargea ainsi son frère Qassius de la protection de la Grande Forteresse de Fort-Brillant et son autre frère Straffius de toute la partie logistique en son absence. Il ne comptait laisser personne d’autre que lui couper la tête de la Bête de Gévaudan, même s’il devait en sacrifier sa cité. Et voilà qui tombait à pic, puisqu’un ancien conseiller et maître stratège du Roi prit contact via corbeaux interposés avec lui afin de faire parvenir à ce dernier toutes les indications à respecter pour arriver à ses fins le plus vite possible.
Bien qu’ayant toutes les raisons de douter de la sincérité de ce « Grand Vautour », force fut de constater qu’il combattit bel et bien à ses côtés. Et ce, aussi bien depuis l’arrière que sur le front. Dès lors, une forme d’amitié s’instaura entre les deux hommes, entraînant une confiance mutuellement partagée. Cette dernière atteignant finalement son paroxysme lors de la bataille finale de la Seconde Tempus Belli, où – grâce aux indications de l’homme qui deviendra son futur Maître Stratège – Claudius parvint à acculer le Roi Cœur-de-Lion, forçant ce dernier à croiser le fer avec lui. S’en suivit un affrontement long et dantesque au cours duquel le Minotaure finit par abattre de toutes ses forces son puissant marteau de guerre dans le plastron de la Bête, perforant ce dernier de part en part. La guerre prit alors fin. L’honneur était sauf.
Rejoignant ainsi avec joie les bancs de l’APF, Fort-Brillant fut reconnue à l’international comme la nouvelle nation officielle du Royaume du passé. Gévaudan, terre des traîtres et des dominés n’était plus. Seule la Cité Invaincue demeurait. Cette dernière devint bien assez vite la capitale du plus grand pays d’Hivrian, adoptant son nom pour remplacer l’ancien. Rendant leur souveraineté aux anciennes nations conquises, Claudius fut ainsi désigné comme son nouveau Roi absolu, et sa famille comme les nouveaux successeurs légitimes du trône et de la Couronne Cornue. Le Roi Minotaure insista d’ailleurs pour que les améliorations prosthétiques auxquels les Cœur-de-Lion - qu’il renomma Cœur-Noir en raison des rumeurs de leur allégeance à Lord Black Tie et banni dans les confins des terres inhospitalières de Némésian – eurent droit lui soient également offertes et placées à lui, ainsi qu’au reste de sa famille. Bien que ces derniers ne fussent pas tous enchantés par cette idée, ils finirent tous inexorablement par se soumettre à la volonté du Roi, qui hérita alors de nouveaux bras surpuissants et d’une robustesse jusqu’alors inégalée. Il était temps de montrer au reste du monde que les Van Arthur avaient vraiment mérité ces ajouts qui les rendaient encore davantage supérieurs à la masse.
Si son règne apporta diverses évolutions dans la société médiévale, il n’en demeure pas moins que de nombreuses controverses entachent encore aujourd’hui sa légende. D’un côté, il accepta bien d’accorder une partie de son pouvoir à chacun de ses deux frères pour les récompenser de leurs bons et loyaux services lors de la guerre. Il érigea ainsi le principe des Trois Piliers de Fort-Brillant, accordant la régence des Terres désolées de l’Ouest à Qassius, le Pilier du Devoir ; et des Terres du Nord à Straffius, le Pilier de la Ruse. Malgré tout, en tant que Pilier de la Force, il gardait le contrôle total des riches et prospères terres de l’Est ainsi que la régence de la cité de Fort-Brillant. Et ce, tout en préservant une domination absolue sur les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires en place. Bien qu’ayant contribué au redressement de son pays sur à peu près tous les plans, cela ne se fit pas au détriment de la région de Némésian, qu’il ostracisa du reste du Royaume en raison de son cruel manque de ressources et de la présence des Cœur-Noir. De plus, de nombreuses personnes toujours attachées à l’ancienne famille royale furent réprimées dans le sang, le Roi Minotaure ne tolérant aucune forme d’insurrection. Chose qui força les derniers survivants à partir se réfugier dans les coins les plus reculés de Fort-Brillant. Officiellement très attaché aux traditions de son Royaume, Claudius n’avait pourtant que faire de celles qu’il n’aimait pas, et ne se gênait aucunement pour modifier au jour le jour certaines d’entre elles. En effet, à ses yeux, la volonté du Roi prévalait autant sur les textes de lois que sur les coutumes aussi anciennes et communément admises soient-elles. Or, beaucoup ne partagèrent pas cet état de fait ; ce qui souleva à de multiples reprises la question du paradoxe des ordres du souverain allant à contre-sens des principes fondateurs de la société du passé.
À titre plus personnel, son infidélité et son détachement du peuple furent également sources de critiques. Notamment suite au décès de la Reine Louve, sa première véritable épouse et mère de ses enfants, qu’il remplaça dès le lendemain par une autre de ses nombreuses maîtresses. Bien aimée de ses sujets, la légende voudrait que la Reine tombât gravement malade suite à l’une de ses nombreuses rencontres avec eux ; entraînant ainsi l’interdiction formelle de Claudius aux membres de la Famille Royale de les approcher à nouveau de près. À cela s’ajoute également le problème qu’incarnent les bâtards du Roi nés avant son accession au trône. Si la règle fut établie que seul un membre reconnu de la famille royale pourrait un jour porter la Couronne Cornue, nombreux sont les enfants qui se sont réclamés et se réclament encore du Roi Minotaure. Cette situation engendrant une incertitude auprès d’un bon nombre de Fortians sur la légitimité de certains membres de la lignée des Van Arthur. Sa débauche exacerbée était d’ailleurs telle qu’il pratiquait les plaisirs de la chaire dès qu’il en avait l’occasion – y compris avec des femmes déjà mariées - et parfois même en public. Claudius s’attendait d’ailleurs à ce que tout un chacun reconnaisse cela comme un honneur et un privilège qui leur était accordé. Il va sans dire que son comportement machiste et dégradant vis-à-vis de la gent féminine fut source de polémiques et de répercussions, en particulier sur le plan international. Ce dernier allant souvent de paire avec une stigmatisation plus prononcée vis-à-vis de certaines minorités considérées comme nuisibles.
Enfin, s’en suivit l’affaire du Prince Xavier. Mal-aimé de toujours par son père, qu’il considérait comme une déception, ce dernier finit par devenir un véritable traître à ses yeux lorsqu’il s’aventura hors de Fort-Brillant malgré son interdiction. L’audace qu’il eut d’oser revenir avec tous ces produits provenant de l’extérieur, remettant en cause toutes les traditions Fortiannes, fut perçue par le Roi comme l’ultime provocation de son fils. Bien qu’il n’avait en réalité aucun problème avec l’étranger - désormais habitué aux réunions régulières entre familles de chefs d’états - et s’entendant même particulièrement bien avec le Président Archibald Roswell de CloakHoover du fait de leurs nombreux points commun : il était parfaitement inadmissible qu’un jeune effronté ose remettre en cause son autorité de la sorte.
D’abord motivé à faire exécuter l’ancien héritier du trône pour sa désobéissance, il fut finalement convaincu par sa fille adorée Camellia de ne pas en arriver à cette extrémité. Bien qu’il détestât Xavier en qui il ne parvenait pas à se reconnaître, il portait une affection toute particulière à sa jumelle dans laquelle il semblait étonnamment se retrouver sur bien des points. Raison qui le poussa à toujours refuser toutes les demandes en mariage la concernant, ne trouvant jamais le moindre prétendant digne d’elle, indépendamment du statut. Ainsi, prit-il la décision de déshériter le Prince – lui retirant son nom de famille - et de le faire enfermer dans son cachot pour le reste de ses jours.
Finalement, après plus de vingt ans à la tête de son Royaume, le Roi Minotaure fut rattrapé par la maladie. Si de nombreux mages et médecins tentèrent de le guérir, ce dernier n’accepta jamais ni leur aide, ni leur traitement ; refusant ardemment qu’ils touchent à sa Royale Personne. Ces contestations et interdictions perpétuelles résultèrent en une incapacité à déterminer aussi bien la nature que la cause de ce dont il souffrait. Claudius Van Arthur décèdera finalement le 8 avril de l’année de la vague de chaleur, tranquille dans son sommeil ; peu de temps après avoir désigné sa fille unique comme héritière de la Couronne Cornue et du trône de Fort-Brillant. Et ce, bien qu’elle fût une femme ; se moquant ainsi une dernière fois allégrement aussi bien des lois interdisant cette possibilité que de la réaction de son frère Qassius.
Suivant ses dernières volontés, son corps fut calciné le 11 avril de cette même année, au centre de la stèle qu’il fit lui-même bâtir sur les hauteurs des falaises de Médévian. Laissant derrière lui un Royaume en guerre, tout en se moquant éperdument de ce que ses ultimes paroles provoqueraient, d’aucun racontent que les derniers mots qu’on l’entendit prononcer furent : « Et vive … La Wyverne Rouge ! »